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Les Trois Coups

lundi 2 novembre 2009, par aguy

2, de Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge « Beau comme un sourire »
Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge sont sortis en 1989 de la première promotion du CNAC (Centre national des arts du cirque). Leur parcours est riche et peu banal, des Fratellini au Cirque du Soleil en passant par les Arts sauts... Ils l’ont roulée, leur bosse. C’est en 2004 qu’ils fondent leur compagnie, Le P’tit Cirk, avec trois autres camarades de jeu. Comme le titre l’indique, « 2 » est un duo. Unis comme deux rimes embrassées, Comment vous dire la magie qui se passe de mots ? Enfermer dans la sémantique ce qui n’est que sentiments et émotions profondes ? Voilà qui est bien difficile d’autant que mes yeux sont encore humides de la tendresse palpable qui émane de ce spectacle pétri d’amour et d’espièglerie.

Que vous dire ? Ils sont deux. Ils ont deux chapeaux, un trapèze et une boîte et... ah, oui ! un chapiteau pour y loger leur « art-en-ciel ». Ils sont un homme et une femme grimés en clowns sobres et joyeux. Ils causent en regards et sourires, assis au centre de la petite piste. La force de leur lien est cette base complice qui tisse le rire et la poésie du spectacle, qui le rend possible. Il y a aussi un air d’accordéon qui semble composé au tempo du trapèze et avec toute la gamme de sentiments qui traverse l’air d’elle à lui, et de lui à elle.

Une histoire ? Peut-être. Celle d’un anniversaire – de qui est-ce l’anniversaire ? Quelle importance ? – où l’on s’offre le plus beau cadeau qui soit, trésor sans pareil : une fraise Tagada. Ou encore, l’histoire du jeu – pas du jeu de l’amour-séduction, non, cette paillette menteuse n’est pas de ce monde-là ! -, du jeu enfantin de la balançoire au cache-cache, du chapardage taquin au je-te-tiens-tu-me-tiens. Un conte sur la tendresse d’enfance, sur l’amour généreux, pas gnangnan pour un sou. Juste tendre et profond. Et c’est vrai qu’ils se tiennent. Ces deux êtres de fragilité se veillent, ne se perdent jamais des yeux même lorsque les paupières sont closes. Alors ? C’est une histoire de cœurs qui battent, racontée par des pulsations, des gestes simples, de douces farces et une infinie douceur. Et quand ils sortent, émus et attendris, enfin redevenus souples et perméables, les spectateurs ont droit à leur fraise Tagada. Jolie matérialisation d’une volonté d’offrir au public une part du trésor qu’ils renferment.